Bonjour à tous.
Un vol inédit aujourd'hui, puisque nous prenons la direction de Kolwezi, en RD Congo, et de l'inauguration de son tout nouvel aéroport !
C'est un moment d'autant plus important pour moi, travaillant depuis quatre ans déjà en RDC et confronté à des voyages réguliers dans des installations aéroportuaires plus que vétustes. Enfin, un aéroport digne de ce nom dans le deuxième plus vaste pays du continent africain ?
Nous utiliserons les services de la compagnie AIRFAST, qui effectue des vols réguliers entres les principales villes du pays. Avec confort et sécurité.
Venez partager avec moi cette belle aventure.
Un mot sur la situation aéroportuaire du Lualaba
Kolwezi, capitale de la Province du Lualaba, attire depuis longtemps des investisseurs du monde entier grâce à son industrie minière.
Depuis dix ans, la ville se transforme à une vitesse fulgurante. Mais un gros point noir demeure pour les expats comme moi : l’absence de vols internationaux directs, obligeant à passer par l’aéroport de Lubumbashi (FBM).
Pour rejoindre Lubumbashi, il reste la route nationale. Comptez alors cinq à six heures de trajet, dans des conditions parfois éprouvantes : une 2x1 voie saturée de camions et de dépassements hasardeux. Pour préserver ma santé physique et mentale, je privilégie donc l’avion.
L’ancien aéroport de Kolwezi, désormais dépassé, avait fini par devenir totalement inadapté. En 2025 encore, je pouvais accéder directement au bord de la piste avec mon véhicule personnel, sans véritable contrôle de sécurité. Quant au terminal, il ressemblait davantage à une petite gare de campagne type SNCF qu’à un aéroport.
Ce nouvel aéroport représente donc un bel espoir : celui d’ouvrir enfin Kolwezi sur le monde. Peut-être verrons-nous bientôt Ethiopian lancer une liaison directe vers Addis-Abeba ? Quel confort ce serait. J’en rêve. Nous attendons tous ça!
En route vers l'aéroport
La veille du départ, je reçois un message de mon agence de voyage qui m'informe que le départ de mon vol se fera pour la première fois dans le nouveau Terminal. J'y crois à moitié, mais je me dis qu'on verra bien le lendemain…
Et en effet, mon chauffeur confirme bien que nous embarquerons via le nouveau Terminal ! Quelle joie ! Je suis comme un gamin. Je serai quasiment parmi les premiers voyageurs à utiliser ces bâtiments.
J'aurais aimé vous montrer plus de photos de l'ancien bâtiment pour que vous puissiez comprendre l'ampleur du changement. Mais je n'ai que celle-ci. Oui oui, la petite maison avec la lumière allumée était bien l'ancien terminal. Je l'empruntais encore début 2026.

Ce n'est même pas le jour et la nuit, c'est carrément un bond dans le temps de 70 ans. Enfin, de la modernité !!

J'ai prévu large pour profiter de ces instants. Il est 6h30, et le soleil pointe son nez.
Le parking est grand ! Mais je suis tout seul. Pour ce matin, ce sont surtout les liaisons vers Lubumbashi et Kinshasa qui se feront.

Enregistrement
Avant d'entrer, un agent vérifie que je suis bien un passager. Aucune personne ne peut avoir accès à l'aéroport sans billet, et c'est une EXCELLENTE chose ! Cela évitera les moults tracasseries que nous connaissions par le passé, et des sollicitations non désirées.
Quel bonheur de voir cela.
Je rappelle que la RDC est l'un des pays les plus pauvres de la planète en termes de développement, et j'en aurai presque la larme à l'œil de voir enfin le pays avancer un peu. Bravo!
Les portraits du Président Félix-Antoine Tshisekedi ornent les murs un peu partout en guise de remerciement à son égard.


Je me présente aux comptoirs d'enregistrement pour ce vol AIRFAST. Tout se déroule sans accroc et en quelques minutes.

Une fois l'enregistrement effectué, il ne faut pas oublier de repasser vers ces comptoirs proche de l'entrée, permettant de vous acquitter de la taxe aéroportuaire (5$) et du "go-pass" (10$), un sésame indispensable pour embarquer, et spécifique aux aéroports congolais. Pensez toujours à avoir du liquide sur vous ! De toute façon, en 4 ans de Congo, je crois n'avoir jamais effectué un seul paiement en carte ici. Tout est en liquide.

Voici à quoi ressemble la carte d'embarquement de Airfast.

Vers la porte d'embarquement
Une fois l'enregistrement effectué, on passe au niveau supérieur via cet escalator.

Même s'il s'agit d'un vol intérieur, il faut quand même passer par les services de l'immigration (DGM).
Mon bagage à main passe dans ce petit scanner que l'on voit sur la photo. Beaucoup mieux que les fouilles manuelles que j'ai connues dans l'ancien aéroport.
Aucune tracasserie ! Personne n'a demandé de "l'eau". C'est plaisant.

La zone d'attente est spacieuse et lumineuse. L'endroit est agréable, et il y a de grandes baies vitrées sur la piste.

Il y a même un lounge business, mais qui n'est pas encore accessible. La porte était fermée.

Tout est flambant neuf, donc rien à dire sur le niveau de propreté des lieux d'aisance.

Le coin fumeur est à revoir. Deux chaises se battant en duel, et même pas de cendrier, donc les mégots sont jetés par terre. Pas top.

Superbe vue depuis la zone d'attente sur notre oiseau du jour. Embraer ERJ-140, 9S-APU. Aux couleurs de la compagnie !
Difficile à croire, mais nous sommes à 1500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les panneaux d'information sont encore en mode "test". Il est donc amusant de voir des vols vers Atlanta, Baltimore, Boston, Chicago… Bien évidemment, tout ceci est bidon. Mais c'est très drôle. Aussi des vols bers Beijing, Mexico City, Tokyo… On peut rêver ?




Embarquement
L'embarquement débute dans le calme, sans annonce.

Mesdames et Messieurs, vous avez devant vous la toute première passerelle d'embarquement de la République Démocratique du Congo, inaugurée deux semaines plus tôt, en avril 2026, avec un vol CAA en provenance de Kinshasa. Eh oui! Même l'aéroport de Kin n'en dispose pas encore.

Nous redescendons vers la piste. Beaucoup de passagers sont des sud-africains, allant attraper leur vol Airlink à Lubumbashi, vers Johannesburg.


Embarquement à pied, j'adore. Il fait bon, 23 degrés.

Et voici. Aéroport international de Kolwezi ! La classe non ?

A bord de l'avion
Je décide de prendre place à la dernière rangée, juste à côté des réacteurs. Configuration 1-2.


Le vol est complet. L'hôtesse est accueillante et souriante, mais s'exprime en anglais. Je pense que l'équipage est originaire de Zambie.

L'espace pour les jambes sera suffisant pour ce vol de 30 minutes à peine.

Fiche de sécurité Air Fast Congo.


Et un extrait du magazine de bord, assez intéressant à lire. Notez la présence d'un Turbolet dans la flotte de la compagnie, que j'ai eu la chance de prendre en janvier 2026 sur le vol Lubumbashi-Kolwezi.
Et aussi, photo d'un article "Ces célébrités qui possèdent des jets Embraer". Pourquoi pas.





Le roulage commence sous un grand soleil, et vue sur la tour de contrôle.

Un avion a connu un accident ici même en novembre 2025. Il est sorti de piste et a commencé à s'embraser. Aucune victime, mais appareil détruit. En décembre, j'ai décollé avec une vue sur la carcasse de l'avion, c'était pas hyper rassurant. Aujourd'hui tout va bien, la vue est dégagée.

Décollage puissant avec le doux bruit des moteurs dans mes oreilles. En fin de piste, nous passons devant ces nouvelles installations, qui seront apparemment réservées aux visites d'Etat.

Décollage en passant au-dessus de Kolwezi. La saison des pluies touche à sa fin, c'est pourquoi la brousse est si verte !





Tout est calme à bord. Typiquement le genre de vol où tu n'as pas le temps de t'ennuyer, surtout quand tu aimes voler !

Une bouteille d'eau fraîche est distribuée. "Canadian Pure" made in Lubumbashi.

Aucune turbulence, c'est fluide.

Au bout d'une quinzaine de minutes, nous amorçons la descente vers Lubumbashi FBM. De jolies vues sur des sites miniers.

Je trouve une beauté certaine dans ces lieux. Que l'Homme soit capable d'autant maîtriser et transformer son environnement, c'est fabuleux.

Et nous voici déjà presque arrivé à Lubumbashi, capitale du Haut-Katanga, où j'ai vécu 3 ans. Atterrissage clinique.





Débarquement
Voici l'aéroport de Lubumbashi, l'aéroport international de la région, indispensable pour se rendre vers l'Afrique du Sud, le Kenya ou l'Ethiopie.

Il est pas beau ce Turbolet ? Certainement celui dans lequel j'ai volé en Janvier 2026. On se stationne juste à côté.

Le déchargement des valises se fera à l'aide de ce véhicule miniature.

Je sors dernier de l'avion, 30 minutes après avoir quitté Kolwezi. Je ne suis pas particulièrement pressé, mon vol vers Addis Abeba n'est que dans 4 heures.

Le "terminal" d'arrivée, sous le regard attentif d'un agent de l'immigration. Eh oui, là encore, nous devrons passer au contrôle des passeports.

Et là, c'est la pagaille. Seulement deux agents de l'immigration font les contrôles. Et ils notent à la main toutes les informations du passeport, ainsi que notre adresse au Congo. Bref, ça prend des plombes et ça me gonfle. Je crois que je vais y passer 30 minutes.

Pour mon transfert vers le vol suivant et la zone internationale, je fais toujours appel à ce service d'aide aux voyageurs "Malabar". Il s'occuperont de récupérer ma valise, de faire l'enregistrement vers le vol suivant, etc. Pendant que j'attendrai au lounge. Comptez 50$ pour le service. Et il faudra encore payer un gopass et une taxe aéroportuaire.

Le terminal international n'est pas loin, mais je décide quand même de monter dans le minivan, qui m'amènera au pied du salon voyageur.

J'ai déjà fait le trajet à pied par le passé, mais ce matin, le muzungu fera le trajet en carrosse.


Et nous voici à proximité de la zone internationale.
Si vous êtes intéressés, je peux vous renvoyer vers mon FR sur un vol Lubumbashi-Kinshasa avec Congo Airways ( https://flight-report.com/fr/report/64829/congo-airways-8z224-lubumbashi-fbm-kinshasa-fih/ )

Le business lounge, où j'attendrai mon vol suivant.
Superbe exclusivité !
Malgré les challenges, les infrastructures sont modernisées et tout le monde en profite (à part les vendeurs d'eau 😉 ).
Un vol confortable qui permet de dorénavant voyager serein de bout en bout.
Le crash de Kolwezi est très bien documenté et les passagers ont eu de la chance.
Merci beaucoup pour le partage 😊
Merci pour ce report, intéressant et original
Sans paternalisme occidental, je suis d'accord que c'est toujours un beau symbole la construction d'infrastructures de transports, sport, santé, et éducatives.
La même ici à Burundi lol
µEt ben dis donc, que de nouveautés pour KWZ.
Fabuleux mais aussi malheureusement incontrôlé avec des conséquences humaines et écologiques désastreuses, le Congo en fait les frais particulièrement d'ailleurs.
A +
En piste pour le coup de cœur du mois tellement ce vol est original. Bravo et merci pour le partage.
Merci pour ce FR qui sort de l’ordinaire.
Une très belle découverte.
Le changement est radical, c’est bien pour le pays.
Il y a encore beaucoup de pays où la CB ne peut être utilisé…
Un vol de bonne facture, avec une bouteille d’eau en bonus.
À bientôt
Merci pour ce FR original et intéressant !