Bienvenue dans ce nouveau routing à destination de la Chine !
Cela faisait un moment que je voulais aller en Chine (continentale). L'exemption de visa, valable jusqu'à fin 2025 (et prolongée depuis), était un bon prétexte pour mettre cette destination dans ma liste 2025.
Plusieurs régions avaient retenu mon attention :
- le Yunnan, dans le sud-ouest, avec ses paysages, ses villes et sa culture spécifique
- le Sichuan, avec ses pandas et ses paysages naturels
- le Shaanxi, avec la ville de Xian et l'armée enterrée de terre cuite
Les tarifs sont plutôt intéressants, notamment avec les compagnies chinoises (qui profitent de leur avantage concurrentiel de pouvoir survoler la Russie), et c'est finalement une offre de Shanghai Airlines qui retient mon attention.
En effet, la compagnie, filiale de China Eastern, propose un vol direct hebdomadaire entre Budapest et Xian au tarif de 1400 € en J. Il est possible de rejoindre Shanghai, Kunming (dans le Yunnan) ou Chengdu (dans le Sichuan) pour à peine plus cher avec un vol en correspondance.
Je n'ai qu'une semaine et je souhaite faire au plus simple : c'est donc Xian que je retiens comme destination.
Pour le pré-acheminement, j'ai préféré jour la sécurité en prenant un Paris - Budapest avec Air France. Le tarif n'est pas cadeau (plus de 200 € avec la carte WE, auquel viendra se déduire le bon d'achat reçu d'Air France pour mon anniversaire), mais BUD est une destination devenue chère.
Voici donc le routing prévu initialement :
Flight routing
- 1AF - Eco - Paris > Budapest
- 2Shanghai Airlines - Business - Budapest > Xian
- 3Shanghai Airlines - Business - Xian > Budapest
- 4AF - Eco - Budapest > Paris
C'est en tout cas ce qui était prévu, mais comme vous allez le voir, l'aller ne s'est pas tout à fait passé comme prévu (mais cela vous le savez déjà puisque vous avez cliqué sur un FR entre CDG et CPH). En effet, le vol CDG-BUD aurait dû avoir lieu le 28 novembre, une date que certains ont peut-être en tête.
Tout commence en fin d'après-midi à CDG. Comme à mon habitude, j'arrive en RER B. Ce n'est pas le moyen de transport le plus fiable, mais il est inclus dans le pass Navigo, alors autant en profiter, et aux heures de pointe c'est plus rapide que le VTC. Nous arrivons à attraper d'ailleurs un direct (plus si direct depuis qu'il fait un stop à Aulnay sous Bois), qui finalement, par un mystère propre au RER B, deviendra omnibus jusqu'à CDG.
Bon, l'essentiel est là, nous sommes arrivés devant le Grand Charles, il est 17h et nous sommes impatients de partir pour la Chine. Par sécurité, j'ai préféré partir la veille pour Budapest, on ne sait jamais. Et puis c'est l'occasion de visiter Budapest et de profiter des bains de Szecheny. Nous verrons que nous avons finalement bien fait.

J'aime bien disposer de mon BP papier, c'est plus simple que d'utiliser son téléphone (qui sert à prendre des photos pour le FR) et c'est surtout bien utile quand il faut réclamer des miles qui tardent à être crédités. Pour cela, rien de plus pratique que les nombreuses bornes en libre-service mises à disposition tout au long du parcours passager.

C'est parti en direction du terminal 2F.

N'ayant pas de bagage à enregistrer, nous nous présentons directement au PIF de l'Accès n°1, qui a l'avantage d'être tout de suite au début du terminal 2F en arrivant par le RER. Pour une fois, ce sera assez long : un seul poste est ouvert et il y a un peu de monde.

Nous voici airside.

Nous sommes fin novembre et les décorations de Noël brillent de tous leurs feux, personnellement c'est encore un peu tôt pour se mettre dans l'ambiance des fêtes de fin d'année.

Direction le salon AF. Notre vol est prévu à 19h25, nous avons donc une grosse heure devant nous avant l'embarquement.
A l'entrée du salon, on trouve des goodies Air France disponibles à l'achat. J'ai l'impression que la vitrine a été réassortie avec de nouveaux produits.

Le salon est bien connu ici, je n'en fais pas la présentation détaillée. L'ambiance est très réussie, avec cette belle verrière. Etonnamment, en ce vendredi soir le salon n'est pas très plein.


Nous nous installons à une place tranquille à l'étage. Nous commençons tout naturellement par trinquer avec quelques bulles.

J'en profite pour vous présenter les documents de voyage. Comme vous pouvez le constater, le billet est en business, en effet j'ai pris l'offre de surclassement à l'enregistrement. Le vol est long et l'heure se prête bien au dîner en vol.

Malgré la faible affluence, le service laisse un peu à désirer avec un débarrassage des tables qui tarde. Ces verres resteront là pratiquement tout le temps de notre passage.

Côté catering, ce doit être un peu l'heure creuse, car il n'y a pas grand chose à se mettre sous la dent. J'arrive à obtenir une madeleine (elles sont excellentes chez AF), mais c'était la dernière. Pour le chaud, hors des heures de repas, il faut se contenter de tartes, mais pas de plat cuisiné en tant que tel.

Nous quittons le salon vers 18h45 Dans la galerie marchande, c'est calme…

Mais il y a déjà plus de monde dans la péninsule. La zone centrale, d'ordinaire réservée à la restauration, est en travaux. Cette verrière est vraiment superbe.

Par contre, c'est vraiment mal fichu pour gérer les embarquements. Il faut se frayer un chemin jusqu'à notre porte. Les files sont cependant clairement indiquées et nous patientons dans celle réservée aux passagers prioritaires. L'affichage indique que l'embarquement a déjà débuté, même si ce n'est pas le cas dans les faits.


Cela dit, les agents ouvrent rapidement les tenso-guides, et nous voilà invités à pré-embarquer. En revanche, on nous demande d'attendre juste après le guichet, c'est un peu étrange. 2 minutes plus tard, les agents reçoivent un appel du cockpit, qui leur demande d'annuler le pré-embarquement. Nous sommes donc gentiment invités à "désembarquer", la manip étant réalisée manuellement dans le système informatique.
L'affichage est mis à jour en conséquence.

Les passagers commencent à se presser de toutes parts. On voit bien ici l'engorgement qui bloque le passage.

A ce moment le CdB quitte son cockpit et vient nous faire directement une annonce, indiquant que l'embarquement est retardé le temps de faire une vérification technique, qui devrait prendre environ 30 minutes. Il nous invite même à aller nous asseoir. Là, ça commence à puer…

L'embarquement est carrément suspendu.

En consultant l'application Air France (toujours à jour sur l'actualité des vols), je découvre que notre vol est annulé. Je me rends au guichet pour m'enquérir de la situation, mais l'agente en poste m'indique que c'est moi qui lui apprend la situation. Le CdB revient alors et le couperet tombe : l'appareil est immobilisé.
Il nous explique que toutes les compagnies du monde vienne de recevoir une notification d'Airbus demandant la mise à jour d'un logiciel. Tant que celle-ci n'est pas effectuée, l'appareil est cloué au sol pour des questions de sécurité. Manque de chance : notre appareil est concerné. En même temps, ce sont 6000 appareils de la famille A320 qui ont été concernés. On dit que cette annonce est arrivée quelques minutes seulement après la fermeture de la Bourse, pour limiter les dégâts sur le cours de l'action Airbus…
Bref, sur le moment, ce qui compte avant tout, c'est de rejoindre Budapest dans les meilleurs délais pour ne pas rater le vol du lendemain. Autant dire qu'à cette heure tardive, ce n'est pas chose aisée, d'autant que nous sommes nombreux à être dans cette situation.
Les passagers sont invités à repasser landside pour se rendre aux comptoirs AF et étudier les possibilités de report. Nous ne traînons pas et prenons immédiatement la direction de la sortie. Mon premier réflexe est d'appeler la ligne Platinum pour nous reprotéger. Après une longue attente, j'arrive à joindre une agente qui me propose un CDG-AMS-BUD ce soir, mais il ne reste qu'une seule place. Seule autre solution : faire un CDG-CPH ce soir et un CPH-BUD le lendemain. La prise de participation d'AF dans SK a du bon…
C'est booké, mais il faut nous rendre au comptoir pour obtenir nos billets. Autant vous dire qu'il y règne une pagaille sans nom, tous les agents sont débordés. J'ai la chance de tomber sur un superviseur, très sympa, qui me fait passer directement à un comptoir où nous sommes pris en charge par une agente. Celle-ci parvient à éditer mon billet, mais il y a un problème avec le dossier de Madame : elle doit recréer une réservation, nous ne sommes plus sur le même PNR mais elle parvient à obtenir des places côte à côte, c'est le principal. Elle essaie d'appeler le comptoir des ventes pour nous repasser en business, mais celui-ci ne répond pas.
Nous sommes bien contents de ne pas avoir de bagage enregistré, je ne suis pas sûr que ceux-ci auraient suivi.
Tout ceci prend un peu de temps et le superviseur vient s'assurer que tout se passe bien pour nous. C'est sympa, car nous ne sommes pas son seul problème, mais il prend les choses avec philosophie et avec le sourire, me confirmant qu'ils vont tous passer une soirée compliquée.

L'agente qui s'est occupé de nous tient absolument à nous accompagner jusqu'au PIF. Je lui dis en souriant que c'est un accompagnement digne de la Première, elle m'explique en souriant qu'elle n'a pas encore postulé ;-)
C'est donc escortés que nous nous rendons à nouveau au PIF.

Nous la remercions chaleureusement et passons le PIF, complètement désert à cette heure tardive où les derniers vont partir.
Cette fois-ci direction l'autre péninsule du 2F, d'où part le vol pour CPH, dont l'embarquement doit théoriquement débuter dans quelques minutes. Nous n'avons clairement pas beaucoup de marge !
On voit ici beaucoup de monde aux comptoirs Air France pour essayer de trouver une solution.

Pour ne pas simplifier les choses, nous embarquons de la porte située tout au bout de la jetée et l'accès est encombré. Fort heureusement pour nous, l'embarquement est retardé de quelques minutes.

Derrière nous, deux passagers absolument insupportables n'arrêtent pas de râler sur Air France, les retards, allant même jusqu'à insulter l'agente. C'était gênant, d'autant que la pauvre n'était pour rien dans la situation.
L'embarquement est finalement lancé vers 20h45. D'ordinaire, les passagers des zones 1 et 2 embarquent en même temps mais cette fois-ci les agents ont d'abord appelé les passagers de la zone 1 puis de la zone 2. Rien de bien méchant, mais ça a renforcé un peu plus la confusion.

Voici notre oiseau de ce soir, un A220. Ce qui me va bien, car celui-ci n'est pas concerné par la vague de rappels.

Nous voici dans le jetbridge, mais il faut encore attendre un peu. En cause : la passerelle est cassée et il faut embarquer à pied. Autant dire que les deux énergumènes puants qui disaient quelques minutes plus tôt qu'ils auraient mieux fait de prendre easyJet plutôt qu'Air France (voyageant en J, je pense qu'ils auraient senti la différence), ne sont pas privés d'invectiver l'agent qui leur a demandé de descendre sur le tarmac pour embarquer.
Personnellement, ce qui compte pour moi c'est de partir, et en plus c'est toujours sympa d'embarquer à pied.

Personne ne m'embête avec du no photo.

Lui par contre, je ne sais pas s'il va partir ce soir…

Pas de duo ce soir, mais on s'en fiche. La cabine sera full, sans doute avec comme nous des naufragés du logiciel A320. A nos côtés d'ailleurs, une Norvégienne qui devait se rendre à Oslo. Je tente tout de même ma chance auprès du chef de cabine, lui expliquant notre situation et souhaitant forcer un peu notre chance en lui expliquant que nous devions être en business. Mais il me dit qu'il ne peut me proposer qu'un upgrade payant en miles, et pour une seule personne. Donc Y ce sera !

Le pas est correct.

Allez, c'est parti !

Je profite de la prise USB fonctionnelle pour recharger mon téléphone, qui a été fortement mis à contribution sur la dernière heure, entre coups de fil à la ligne Platinum, recherche d'hôtel à CPH, information sur la situation, etc.

Certains (dont je ne fais pas partie) profitent pleinement des gadgets mis à disposition et utilisent leur téléphone comme IFE.

La prestation est basique sur ce vol, avec au choix un sandwich au jambon beurre ou emmental-tartinade à la crème. Malheur à ceux qui sont allergiques au fromage.

Pour réhydrater le gosier, vin rouge et eau ne seront pas de trop.

Le vol dure environ 1h20. La cabine est préparée pour l'atterrissage.

Nous atterrissons peu avant 22h à CPH.

Parking à côté d'un A320 SK. Bizarrement, la compagnie scandinave ne semble pas avoir été impactée par le problème de logiciel.

Merci toi de nous avoir amené jusqu'ici !

Direction la sortie, dans un aéroport pratiquement désert.

Tous les commerces ont fermé.


Je dois avouer que nous avons envisagé de dormir à l'aéroport (comme par exemple sur cette banquette), et d'ailleurs nous avons vu plusieurs passagers qui avaient commencé leur nuit. Mais nous avons finalement résolu de prendre une chambre, qui sera de toute façon remboursée par Air France.

Notre inquiétude principale portait sur le vol du lendemain, puisqu'il est opéré en A319, mais celui-ci semble bien prévu, et globalement SK n'affiche pour l'instant aucune annulation.

Je tente tout de même ma chance au comptoir des transferts pour obtenir notre carte d'embarquement pour BUD (qu'AF n'a pas pu nous imprimer à CDG).

Hélas les comptoirs viennent à l'instant de fermer.

Et n'ouvriront qu'à 7h le lendemain. Nous verrons donc demain ce qu'il est possible de faire.

Un peu éprouvés par toutes ces émotions, nous nous rendons au Comfort Hotel, relié directement à l'aéroport, pour y passer une courte nuit.

Merci de votre lecture et à bientôt pour la suite à destination de BUD !
Bonjour, merci pour le FR.
Belle réactivité de votre part (j'ai en effet cru au début à une erreur dans l'annonce d'un vol vers CPH !) et excellent service client. Un bon début de voyage malgré des secousses finalement!
Pour l'immobilisation des Airbus, c'est l'EASA qui a immobilisé les avions et les compagnies doivent s'y conformer. Par contre c'était apparemment un casse-tête de savoir quels avions étaient concernés car c'était par configuration, et pas juste l'immatriculation.
Bref, comme toujours l'aviation fait passer la sécurité avant tout et c'est pour cela que c'est le seul système ultra-sûr existant avec le nucléaire.
J'ai été extrêmement déçu par les (fausses) statues de Xi'an dans cet horrible hangar lors de ma visite, mais c'était il y a très longtemps donc j'espère que cela vous a plu. À bientôt!
Merci pour ce commentaire !
Il vaut toujours mieux être rapide à réagir dans ces situations, je pense que les derniers cas traités sont en général les moins bien lotis.
Je suis quand même étonné qu'AF ait été si impacté alors que SK n'a annulé aucun vol.
Je n'ai pas vu de fausse statue à Xian, et la visite nous a bcp plu ! Bonus à suivre un prochain FR.
A bientôt !
En effet, il faut foncer et se décider vite pour prendre les rares places restantes, je suis bien d'accord. Pour SK je n'ai malheureusement pas d'info sur l'impact de cette mise à jour. Toujours est-il qu'elle était archi importante vu ce qui est arrivé à cause de la faille de sécurité du logiciel.
J'avais peut-être mal compris, mais à l'époque les guides disaient que ces statues étaient des reconstitutions car elles avaient été vandalisées dès la mort de l'empereur, mais à ce que je lis la grande majorité est authentique. Il faudra donc que j'y retourne, zut alors :)
Merci pour le partage,
Malgré l'annonce surprise de l'immobilisation des Airbus, AF a réussi à trouver une solution pour vous acheminer. Les agents d'assistance au sol ont passé une mauvaise soirée pour trouver des solutions pour tous les passagers en difficulté.
C'est ma principale critique sur les salons AF, la vaisselle est rarement débarrassée dans les temps.
Bonne continuation,
Merci pour ce commentaire.
Il ne faut pas trop traîner pour trouver une solution, et je pense que le statut aide un peu quand même.
Je pense qu'AF n'est pas assez vigilant sur les prestataires de service au salon, j'en ai déjà vu piller allègrement les buffets.
A bientôt.
Merci pour ce récit mouvementé Stéphane : l'aérien fait face à de nombreux aléas et des que le système bien huilé se dégrade c'est vite la panique. Heureusement tu as trouvé une solution avec AF. La rapidité de réaction est essentielle car ensuite les solutions se réduisent. Le statut joue aussi un rôle important en cas de besoin de rebooking. A très vite pour la suite !