En janvier, j’ai décidé de m’offrir une semaine de vacances tranquilles au soleil à Singapour. Pour ce voyage, j’ai utilisé mes miles Delta : 80 000 miles pour un aller simple en business, un barème raisonnable. Ce fut l’occasion de tester Vietnam Airlines , une compagnie que je n’attendais pas spécialement au tournant. Mon itinéraire passait par Ho Chi Minh, avec une correspondance volontairement suffisante pour profiter d’une douche au salon avant de continuer sur Singapour.
APPLICATION MOBILE
Avant même de voyager, j’ai voulu préparer mon vol via l’application VN. Mauvaise surprise : l’interface manque de clarté, la traduction française est aléatoire et souvent approximative. Rapidement, je comprends qu’il vaut mieux basculer en anglais pour éviter les incompréhensions.
L’enregistrement en ligne s’avère impossible sur l’application VN. Probablement à cause des vérifications liées aux formalités d’entrée et au fait que mon retour sur SQ était une réservation séparée. Résultat : j’ai dû passer la veille du départ par le site internet de AF pour finaliser l’enregistrement et enfin obtenir la carte d’embarquement via l’application VN. Le jour du départ, l’application VN me renvoyait au comptoir VN pour récupérer la carte d’embarquement.
Autre frustration : le choix du siège en amont. L’application ne propose rien, et même l’application DL (qui avait pourtant émis mon billet prime) ne permet pas de sélectionner une place. Il faut obligatoirement passer par le site internet VN. Pour une compagnie SkyTeam, on s’attendrait à une meilleure intégration avec les partenaires.

DÉPART
Dimanche matin, arrivée en taxi au Terminal E à 8h30. Le trajet fut fluide, sauf l’accès à la dépose minute qui prit 20 minutes. VN utilise la zone SkyPriority d’Air France, mais l’affluence était telle que j’ai préféré l’enregistrement en zone économique dédiée à VN. Dix minutes d’attente seulement, avec un agent aimable et efficace. Valise enregistrée jusqu’à Singapour, cartes d’embarquement en main. Comme quoi, la zone mutualisée Skyteam SkyPriority du 2E a ses limites.
Le contrôle passeport fut plus chaotique : 25 minutes d’attente, même en file prioritaire Accès 1. Beaucoup de passagers français râlaient, surtout quand les services de conciergerie passaient devant tout le monde sans vergogne. Heureusement, la sécurité en hall K fut rapide.
SALON
VN utilise le salon AF rénové du hall K. Petit-déjeuner simple, téléchargement de séries pour le vol, mais pas de champagne le matin. Ambiance calme, suffisamment pour patienter avant l’embarquement. Je ne m’attarderai pas dessus, il y’a déjà beaucoup de FR sur ce salon.

EMBARQUEMENT
L’embarquement ne se fait pas par passerelle mais par bus, l’organisation est fluide et les priorités respectées.
Arrivé au pied de l’avion, l’accès se fait par escaliers, avec une séparation claire : à gauche vers la cabine business, à droite vers les classes premium economy et economy. Ce détail, qui peut sembler anodin, évite le flux habituel de passagers traversant la cabine affaires et contribue à préserver son calme.
L’accueil à bord est chaleureux, presque personnalisé. L’équipage sourit, salue, et accompagne les passagers vers leurs sièges. La cabine est étonnamment peu remplie : une vingtaine de passagers seulement en business, ce qui contraste fortement avec mes habitudes de vols vers l’Asie, souvent pleins à craquer.
Aujourd’hui, c’est un Airbus A350‑900 immatriculé VN‑A890, un appareil qui approche les dix ans. La cabine business est configurée en épis, et je m’installe à mon siège côté hublot. Le produit n’est pas le plus récent du marché, mais il reste propre, fonctionnel et bien entretenu.
Dès l’installation, je remarque plusieurs éléments :
• Le siège en épis : classique, efficace, mais pas très large. L’espace personnel est correct, sans être généreux.
• Un petit coffre discret situé à côté de l’accoudoir, que je ne découvre qu’après le décollage. Parfait pour y ranger mon iPad, mes écouteurs et quelques accessoires de voyage.
• Les équipements déjà disposés sur le siège
:
- chaussons,
- surmatelas,
- couette,
- oreiller,
- bouteille d’eau… Cristaline. Un choix curieux pour une classe affaires.
• La trousse amenity kit : siglée Samsonite, et de qualité correcte. Rien d’extravagant, mais bien supérieure à certaines trousses vues dans des FR précédents. Le contenu est basique mais utile : masque, chaussettes, brosse à dents, crème, bouchons d’oreille, autocollants.
L’hôtesse vient rapidement me saluer et me demande la prononciation correcte de mon nom, afin de s’adresser à moi avec précision tout au long du vol. Une attention simple mais appréciable. Elle me propose également d’installer le surmatelas avant le décollage, ce que je décline pour le moment, préférant attendre après le service du déjeuner.
Elle me remet ensuite un petit post‑it avec un code wifi gratuit, ce qui me surprend : je ne pensais pas que VN proposait le wifi sur ce vol. Le code correspond à leur formule « Advance Surf », normalement facturée 20 USD.








Un détail : en attendant la fin de l’embarquement, je distingue par le hublot un appareil A321 Gulf Air (A9C-NE) d’à peine 3 ans stationné et aux réacteurs protégés, reflétant la suspension de vols vers Bahreïn pendant le conflit en Iran.
Finalement, le décollage se fait rapidement, j’avais presque oublié à quel point les A350 sont silencieux.

PREMIER SERVICE
Le menu est présenté individuellement par l’hôtesse (et non distribué comme beaucoup de compagnies). J’opte pour les crevettes en entrée, suivies de nouilles sautées, accompagnées d’un vin blanc italien et d’un cocktail maison « Phan Thiet RED Dunes », généreusement dosé en alcool.
• Qualité des plats : à ma grande surprise, les saveurs sont au rendez-vous. Les crevettes sont trop petites et mériteraient mieux pour le la classe affaire, les nouilles bien assaisonnées, et les portions suffisantes.
• Présentation : soignée, sans extravagance, mais avec une touche vietnamienne appréciable.
• Boissons : le cocktail est puissant, presque trop pour un vol long-courrier.
Menu


Verre d’accueil et Oshibori

Plats (j’ai oublié de prendre en photo la coupe de fruits exotiques)





DIVERTISSEMENT
Le système de divertissement n’offre pas une bibliothèque pléthorique, mais le choix est correct pour un vol de 11h30. Je regarde une comédie facile (Heads of State) puis un film d’action coréen (Yadang: The Snitch). Le wifi gratuit aux passagers business, normalement facturé 20 USD, fonctionne correctement, sauf au-dessus de l’Inde — une limitation annoncée en amont par l’hôtesse. La connexion demande parfois à être relancée, mais reste utilisable pour suivre l’actualité ou échanger quelques messages.




La qualité de l’écran laisse à désirer avec les « bandes noires » en haut et en bas qui sont finalement rouges.

TOILETTES
Rien de spécial et régulièrement entretenues par l’équipage.


REPOS
Après le premier film, je tente de dormir. Le siège se transforme en lit, mais l’espace pour les pieds reste limité : l’effet « pointe triangulaire » oblige à croiser les pieds sous l’écran, ce qui gêne les grands gabarits. Avec le surmatelas installé par l’hôtesse, le confort s’améliore légèrement. Je parviens à dormir une heure et demie, mais pas davantage.

SNACK
Vers 18h30 heure de Paris, je pars au galley chercher un encas. L’équipage bondit aussitôt de leur strapontin pour m’apporter deux mini-sandwichs directement à mon siège. L’un, au jambon de pays, est très salé, mais l’attention est appréciable. L’équipage reste toujours disponible et souriant.

SECOND SERVICE
L’équipage revient peu après, presque désolé, pour proposer le second repas plus tôt, certains passagers ayant déjà demandé à être servis. Je préfère attendre une heure. À l’heure dite, je choisis le fameux pho vietnamien, recommandé par mes amis.
• Le plat : le Pho un vrai régal. Bouillon parfumé, nouilles parfaitement cuites, viande tendre. Un plat signature qui incarne l’identité de la compagnie.
• Boisson : cette fois, je reste sage avec un mocktail « Apple Sangria », rafraîchissant et léger.
• Timing : flexible, presque trop. Le service s’adapte aux passagers, mais manque de structure notamment lors du service des viennoiseries. Cela peut dérouter ceux qui aiment un rythme fixe.
Une heure avant l’arrivée, l’équipage propose une boisson. Je choisis un thé, parfait pour se réveiller doucement avant le débarquement.



ARRIVÉE
Nous arrivons à Ho Chi Minh 3 minutes de retard sur l’horaire mais au lever du soleil. L’équipage prend congé des passagers et mon hôtesse tient à me remercier par mon nom lors de ma sortie de l’avion. Le débarquement se fait par escaliers, mais les priorités sont respectées. Un bus dédié aux passagers business nous attend, équipé de fauteuils confortables. Je surprends les regards des autres voyageurs européens, étonnés de ce contraste avec l’autobus basique utilisé à CDG : ici, même le transfert au sol reflète une certaine attention au confort.
Je suis ensuite les indications « international transfer ». Il semble que nous sommes les premiers voyageurs du matin à passer par ce petit pupitre de sécurité. Les agents de sûreté viennent à peine de commencer leur service : l’ambiance est détendue, presque nonchalante. Le scanner rayons X est capricieux, mais rien de contraignant. Contrairement aux pratiques habituelles, il n’est pas nécessaire de sortir tous les liquides et appareils électroniques. L’agent en poste semble prêter une attention minimale à l’écran, ce qui rend le passage étonnamment rapide et sans stress.
Les panneaux indiquent clairement le chemin vers le salon Lotus de VN peu occupé à cette heure matinale. J’y trouve exactement ce que j’attendais : un espace calme avant les premiers vols du matin pour prendre une douche et me rafraîchir avant mon vol pour Singapour.

Une route qui passe au large de


