ENQUETE EXCLUSIVE
Il est 18h25 à Gimpo. Derrière moi des voyageurs pressés. Devant moi des familles fatiguées.
Ici personne ne sait encore que ce vol va durer exactement 50 minutes mais paraître une éternité.
À Gimpo ce soir là personne ne rêve. On rentre. On subit.
On obéit à l’horaire. Pour beaucoup ce vol n’est pas un choix. C’est une nécessité.

Derrière les comptoirs Jeju Air une organisation millimétrée.
Trop millimétrée. Ici le passager n’est qu’un numéro.
7C907. Rien de plus.
La zone d’embarquement est calme. Un calme trompeur.
Comme souvent avant les événements que personne ne commentera mais que tout le monde subira.

Avant d’embarquer il faut passer la sécurité. Une étape obligatoire.
Ici on enlève ses chaussures. Sa ceinture. Et parfois un peu de sa dignité.

Gimpo , comme beaucoup d'autres endroits en Corée, se retrouve decoré de sapins et de boules de Noel

À la sécurité les gestes sont mécaniques. Bacs en plastique. Ordres courts. Pas de place pour l’individualité. Tout le monde est suspect jusqu’à preuve du contraire.
Je me dirige vers ma porte mais d'abord , une page de publicités

Petit détour aux chiotard qui , à l'instar de beaucoup d'endroits à Seoul, fait preuve de modernité :
En effet , ce petit chiotard est équipé de lumière prevenant les usagers s'il est occupé.
En l'occurence celui-ci est occupé , tout comme mon esprit.

La zone d’embarquement est calme.
Un calme trompeur. Comme souvent avant les événements que personne ne commentera mais que tout le monde subira.

Les sièges sont pleins. Les regards vides. Chacun attend son tour sans vraiment savoir pourquoi. Un rituel moderne.
Se déplacer sans réfléchir.

À cet instant précis les passagers abandonnent toute illusion de contrôle. Une carte d’embarquement à la main.
Une obéissance totale.

À l’intérieur un avion standard. Trop standard. Des sièges serrés. Un confort minimal.
Ici le voyage n’est pas une expérience.
C’est une punition.


Une fois assis le constat est brutal. Peu d’espace.
Peu de temps. Peu d’options. On s’adapte.
Vous ai je raconté mes problèmes de peau?!

Les ceintures claquent. Les dossiers grincent.
Le décor est planté. Le huis clos commence ⛓️💥

Un oeil sur la documentation. On m'a donné un magazine sur le 737 avec un shopping bag.

20h10. Les moteurs s’emballent.
Personne n’applaudit. Ici on ne célèbre pas.
On endure.

L’avion quitte la piste. Séoul s’éloigne.
Une capitale laissée derrière pour quelques heures ou pour une vie entière.

En quelques secondes le sol disparaît. Et avec lui les certitudes.

Dans la cabine chacun gère sa fatigue. Son silence.
Son existence compressée entre deux accoudoirs.

À 10 000 mètres d’altitude le temps se dilate.
Une heure de vol.
Mais une heure de réflexions imposées.

Moodlighting inutile pendant cette moitié de vol.
Il n'y a rien à distribuer de la part des pnc.

Busan apparaît sous les nuages. Une ville portuaire.
Plus rude. Plus honnête. Du moins en apparence.

La descente commence. Les corps se redressent. Comme si l’atterrissage rendait soudain une dignité perdue.

À l’approche de Gimhae chacun se prépare à redevenir quelqu’un. Un salarié. Un parent. Un ex.

21h00. Les roues touchent le sol. Fin de mission. Fin du silence imposé.

L’avion s’arrête. Les passagers se lèvent immédiatement. Comme s’ils avaient peur de rester assis trop longtemps avec eux mêmes.

Applaudir serait excessif. Ici on descend vite. On oublie. On recommence demain.
747 en

Le vol 7C907 se termine sans incident. Officiellement. Officieusement chacun repart avec ses propres dégâts invisibles.

Un vol d’une heure. Une routine nationale. Personne n’en parlera. Et pourtant ils étaient tous là.
À Gimhae l’air est différent. Plus humide. Plus réel. Le reportage s’arrête ici.
Merci pour ce FR, étonnant dans sa rédaction.
Un style proche de la Nouvelle Vague, on attend une chute qui n'arrive pas, comme une histoire dans une histoire.
Comment était le pâté du chat ?
Bonjour je vous invite à lire mes autres FR vous allez vous regaler!
le paté était succulent car j'ai pris la peine de le rechauffer au micro onde un peu